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Assurance

Mutuelle santé : quel budget mensuel prévoir selon votre situation ?

Vous cherchez quel est le tarif moyen d'une mutuelle par mois ? Découvrez les fourchettes de prix selon votre âge, vos garanties et les aides disponibles.

Adrien FaureAdrien Faure 18 min à lire

Le tarif mensuel d'une mutuelle dépend de l'âge, des garanties et du lieu de résidence. Il n'y a pas de moyenne officielle. À titre indicatif pour 2026, un étudiant peut prévoir 20-35 €, un actif célibataire 40-70 €, une famille 120-250 € en individuel, et un senior souvent plus de 90 €.

Estimer le tarif moyen d'une mutuelle par mois est complexe, car il n'existe pas de prix unique. Le coût de votre cotisation dépend directement de votre âge, de votre situation familiale, de votre lieu de résidence et, surtout, du niveau de garanties choisi. Comprendre cette mécanique est la première étape pour trouver un contrat adapté à votre budget sans sacrifier l'essentiel : vos remboursements de santé. Ce guide décompose les fourchettes de prix observées en 2026 et vous donne les clés pour optimiser votre dépense.

Ce qu'il faut retenir

  • Le coût mensuel d'une mutuelle dépend de l'âge, du lieu de résidence et des garanties.
  • Les prix indicatifs varient de 20-35 € pour un étudiant à plus de 90 € pour un senior.
  • La mutuelle d'entreprise est souvent plus économique grâce à la participation de l'employeur (50 % minimum).
  • La Complémentaire Santé Solidaire (CSS) est une aide de l'État pour les revenus modestes.
  • Il est possible de résilier sa mutuelle à tout moment après la première année de contrat.

Pourquoi le tarif d'une mutuelle varie-t-il autant d'un profil à l'autre ?

Le prix d'une complémentaire santé n'est pas fixé au hasard. Il répond à une logique d'évaluation du risque et des besoins de remboursement futurs de l'assuré. Contrairement à une idée reçue, il n'y a pas un tarif de base identique pour tous, mais une cotisation calculée sur mesure à partir de plusieurs critères objectifs. Le premier est l'âge, car statistiquement, les dépenses de santé augmentent avec le temps.

La composition de votre foyer (célibataire, couple, famille avec enfants) est un autre facteur déterminant. Le lieu de résidence influe également sur le tarif : les dépassements d'honoraires étant plus fréquents et élevés dans certaines grandes villes comme Paris ou Lyon, les assureurs ajustent leurs prix en conséquence. Enfin, le cœur du réacteur reste le niveau de garanties que vous sélectionnez. Un contrat couvrant uniquement le ticket modérateur sera logiquement bien moins cher qu'une formule premium remboursant intégralement les prothèses dentaires ou les lunettes à verres complexes. Comprendre ces variables est indispensable pour comparer efficacement les offres.

Les critères d'âge et de situation familiale

L'âge est le critère numéro un. Les assureurs se basent sur des statistiques de consommation médicale qui montrent une corrélation directe entre l'avancée en âge et l'augmentation des frais de santé. Un jeune de 20 ans, généralement en bonne santé, représente un risque faible et bénéficiera donc d'une cotisation très basse. À l'inverse, un senior de plus de 60 ans aura des besoins plus fréquents (hospitalisation, optique, audition), ce qui justifie un tarif plus élevé.

La situation familiale ajuste ce paramètre. Un contrat pour une famille avec deux enfants devra couvrir les besoins de quatre personnes, incluant potentiellement des postes coûteux comme l'orthodontie. Les assureurs proposent souvent des tarifs dégressifs pour les ayants droit, mais la cotisation globale reste logiquement supérieure à celle d'un célibataire. Un couple sans enfant se situera dans une tranche intermédiaire.

Le niveau de garanties choisi (base, confort, premium)

Le niveau de couverture est le principal levier sur lequel vous pouvez jouer pour ajuster votre budget. Les contrats sont généralement structurés en plusieurs niveaux :

  • Base ou "Ticket modérateur" : Ce niveau couvre 100 % du tarif de base de la Sécurité sociale (BRSS). Il est économique mais insuffisant en cas de dépassements d'honoraires, fréquents chez les spécialistes. Il est souvent choisi par les jeunes actifs sans besoins spécifiques.
  • Confort ou "Intermédiaire" : Ces formules remboursent entre 150 % et 250 % de la BRSS. Elles offrent un bon compromis pour couvrir une partie des dépassements d'honoraires et proposent des forfaits pour l'optique et le dentaire.
  • Premium ou "Haut de gamme" : Avec des remboursements allant de 300 % de la BRSS jusqu'aux "frais réels", ces contrats sont les plus chers. Ils sont destinés aux personnes ayant des besoins de santé importants et réguliers (prothèses dentaires, lunettes complexes, hospitalisation en chambre particulière).

L'impact de la région et du régime d'affiliation

Les tarifs des soins et les pratiques tarifaires des professionnels de santé ne sont pas uniformes sur le territoire français. Dans les grandes métropoles et certaines régions comme l'Île-de-France ou la Provence-Alpes-Côte d'Azur, les médecins spécialistes en secteur 2 (honoraires libres) sont plus nombreux et pratiquent des dépassements plus élevés. Les mutuelles répercutent ce "risque territorial" sur le montant des cotisations. Un même contrat peut ainsi coûter 10 à 20 % plus cher à Paris que dans un département rural.

Votre régime d'affiliation à la Sécurité sociale peut aussi jouer un rôle. Le régime général des salariés (CPAM) est la référence. Le régime local d'Alsace-Moselle, qui offre des remboursements de base plus élevés (90 % au lieu de 70 % pour les consultations), permet aux mutuelles de proposer des cotisations plus faibles, leur intervention étant moindre. Le régime des indépendants (SSI) ou des agriculteurs (MSA) peut aussi avoir ses spécificités.

Les grandes fourchettes de tarifs mensuels selon le profil

Il est impossible de donner un tarif moyen de mutuelle par mois qui soit universel. Cependant, pour vous aider à budgétiser, voici des ordres de grandeur par profil type, basés sur les pratiques de marché en 2026. Ces fourchettes sont purement indicatives et peuvent fortement varier d'un assureur à l'autre et selon la précision des garanties souscrites. Elles illustrent la segmentation des prix en fonction des besoins et des risques associés à chaque étape de la vie.

Ces estimations ne remplacent pas une comparaison personnalisée, qui reste indispensable pour trouver l'offre la plus adaptée. Prenez ces chiffres comme un point de départ pour affiner votre recherche et dialoguer avec les assureurs. L'objectif est de trouver le juste équilibre entre le montant de la cotisation mensuelle et le niveau de remboursement dont vous avez réellement besoin. Vous pouvez par exemple consulter un exemple de mutuelle individuelle passée au crible pour voir comment les garanties se traduisent en pratique.

Étudiant (18-25 ans) : entre couverture minimale et confort

Un étudiant ou un jeune de moins de 25 ans a généralement des besoins de santé limités. La priorité est souvent de maîtriser son budget.

  • Couverture minimale (100 % BRSS) : Pour une protection de base couvrant le ticket modérateur et les frais d'hospitalisation essentiels, le tarif mensuel se situe souvent entre 20 € et 35 €. C'est une option viable pour ceux qui n'ont pas de problèmes de santé particuliers.
  • Formule confort : Pour inclure un petit forfait optique (lentilles, renouvellement de lunettes simples) et un meilleur remboursement des consultations de spécialistes, le budget à prévoir grimpe entre 35 € et 50 € par mois.

Actif célibataire (26-45 ans) : le rapport garanties/prix au cœur du choix

À cet âge, la vie professionnelle est lancée et les besoins de santé peuvent évoluer (dentaire, optique). Le choix se porte souvent sur le meilleur rapport qualité-prix.

  • Contrat intermédiaire (150-200 % BRSS) : C'est le cœur du marché pour cette cible. Il offre une bonne couverture des soins courants et des dépassements d'honoraires modérés, avec des forfaits dentaires et optiques corrects. Le tarif mensuel oscille généralement entre 40 € et 70 €.
  • Contrat renforcé : Pour des besoins spécifiques (orthodontie adulte, implants dentaires, psychologue), il faut viser des garanties supérieures, ce qui peut porter la cotisation mensuelle au-delà de 80 €.

Famille (2 adultes, enfants) : l'effet du contrat collectif

La couverture d'une famille implique de mutualiser les risques et les besoins de plusieurs personnes, notamment des enfants qui peuvent avoir des frais importants (orthodontie, pédiatrie).

  • Contrat collectif d'entreprise : C'est la solution la plus courante et la plus avantageuse. Avec la part patronale de 50 %, le reste à charge pour une famille de quatre personnes sur un contrat de base peut varier de 60 € à 120 € par mois.
  • Contrat individuel familial : Si aucun des parents ne bénéficie d'un contrat obligatoire, l'addition est plus élevée. Une formule intermédiaire pour quatre personnes peut coûter entre 120 € et plus de 250 € par mois, en fonction du niveau de garantie, notamment sur le poste orthodontie. Pour comparer les offres, il peut être utile de regarder l'offre d'Acoris Mutuelles ou les avis et tarifs Génération Mutuelle.

Senior (60 ans et plus) : pourquoi la cotisation grimpe

Passé 60 ans, les dépenses de santé augmentent significativement, et les contrats seniors sont conçus pour couvrir des besoins spécifiques : prothèses auditives, cures thermales, hospitalisation, soins dentaires.

  • Formule confort senior : Un contrat bien équilibré, avec des renforts sur l'hospitalisation et des forfaits corrects en optique et dentaire, commence rarement en dessous de 90 € à 110 € par mois.
  • Formule premium senior : Pour une couverture maximale incluant des remboursements élevés sur les prothèses (auditives, dentaires) et une prise en charge complète en cas d'hospitalisation, les tarifs mensuels peuvent rapidement dépasser les 150 € à 200 €. Cette hausse reflète le risque accru et le coût élevé des soins liés à l'âge.

Mutuelle individuelle vs mutuelle d'entreprise : des règles du jeu différentes

Le mode de souscription de votre complémentaire santé a un impact majeur sur son coût. Pour la majorité des salariés du secteur privé, le passage par un contrat collectif proposé par l'employeur est obligatoire. Pour les autres (indépendants, fonctionnaires, retraités, étudiants), la souscription se fait sur une base individuelle. Ces deux systèmes ne répondent pas aux mêmes règles et n'ont pas les mêmes implications financières pour l'assuré.

L'avantage principal du contrat d'entreprise réside dans la participation financière de l'employeur. La loi impose une prise en charge d'au moins 50 % de la cotisation du panier de soins minimal. Dans les faits, de nombreuses entreprises vont au-delà. Cet avantage financier rend le contrat collectif presque toujours plus attractif qu'un contrat individuel à garanties égales. Cependant, il peut présenter des limites si les garanties de base ne correspondent pas à vos besoins spécifiques.

Le contrat collectif en entreprise : avantages et limites

Le contrat collectif est négocié par l'entreprise pour l'ensemble de ses salariés, ce qui permet d'obtenir des tarifs de groupe plus compétitifs que sur le marché individuel. Le principal avantage est financier : votre employeur paie au minimum la moitié de votre cotisation. Cet avantage est de plus exonéré de charges sociales et d'impôt sur le revenu (dans certaines limites).

La limite principale est le manque de personnalisation. Le contrat est standardisé et peut s'avérer insuffisant sur des postes de dépenses qui vous sont propres (par exemple, un faible forfait optique alors que vous avez une forte correction). De plus, les garanties peuvent évoluer au gré des renégociations entre votre entreprise et l'assureur, sans que vous ayez votre mot à dire. Enfin, sauf cas de portabilité (chômage), vous perdez le bénéfice du contrat en quittant l'entreprise.

Quand souscrire une mutuelle individuelle en complément ?

La souscription d'une mutuelle individuelle en plus de votre contrat d'entreprise obligatoire, aussi appelée "sur-complémentaire", est pertinente dans plusieurs cas :

  • Besoins spécifiques élevés : Si vous avez des dépenses importantes et récurrentes non couvertes par votre contrat collectif (orthodontie adulte, implants dentaires, médecines douces).
  • Ayants droit mal couverts : Parfois, le contrat d'entreprise est attractif pour le salarié mais très cher ou peu couvrant pour le conjoint et les enfants. Il peut être plus judicieux de les assurer via un contrat individuel.
  • Préparation de la retraite : Anticiper la perte du contrat collectif à la retraite en souscrivant un contrat individuel senior en amont peut permettre de lisser la hausse des tarifs.

💡 À noter : Avant de souscrire une sur-complémentaire, demandez à votre employeur s'il ne propose pas des options facultatives pour renforcer votre contrat de base. C'est souvent plus simple et plus économique.

Les dispositifs publics qui réduisent le coût de votre mutuelle

Pour les ménages aux revenus modestes ou pour certaines catégories de travailleurs, l'État a mis en place des dispositifs visant à alléger le poids des cotisations de mutuelle. Ces aides peuvent prendre la forme d'une prise en charge totale ou partielle de la cotisation, ou d'avantages fiscaux. Il est essentiel de vérifier son éligibilité, car ces aides peuvent représenter une économie substantielle et garantir un meilleur accès aux soins.

Le dispositif le plus connu est la Complémentaire Santé Solidaire (CSS), qui a remplacé la CMU-C et l'ACS. D'autres mécanismes, comme les contrats dits "responsables" ou les déductions pour les travailleurs indépendants, jouent également un rôle important. Pour toute vérification de droits, il est impératif de se tourner vers les plateformes officielles comme ameli.fr ou service-public.fr.

La Complémentaire Santé Solidaire (CSS)

La Complémentaire Santé Solidaire (CSS) est une aide destinée aux personnes résidant en France de manière stable et régulière et dont les revenus sont modestes. Selon le niveau de ressources du foyer, la CSS peut être :

  • Gratuite : pour les revenus les plus faibles.
  • Avec une participation financière modeste : moins d'un euro par jour et par personne.

Elle donne droit à la prise en charge du ticket modérateur, du forfait journalier hospitalier et de la participation forfaitaire de 2 €. De plus, elle inclut des forfaits pour les prothèses dentaires, les lunettes et les aides auditives dans le cadre du panier "100 % Santé". L'éligibilité est soumise à des plafonds de ressources qui sont réévalués chaque année. Le moyen le plus fiable de savoir si vous y avez droit est d'utiliser le simulateur sur le site de l'Assurance Maladie (ameli.fr).

Les contrats responsables et labellisés

La quasi-totalité des contrats de mutuelle aujourd'hui proposés sont des "contrats responsables et solidaires". Ce label impose aux assureurs de respecter un cahier des charges précis, fixé par décret. En contrepartie, ces contrats bénéficient d'une fiscalité allégée, ce qui permet de proposer des tarifs plus compétitifs aux assurés.

Ce cahier des charges inclut notamment :

  • La prise en charge intégrale du ticket modérateur pour la plupart des actes.
  • Des planchers et des plafonds de remboursement pour certains postes, comme l'optique.
  • L'incitation au respect du parcours de soins coordonnés.
  • La couverture du panier "100 % Santé".

En pratique, choisir un contrat non-responsable est très rare et souvent plus coûteux. C'est une norme de marché qui bénéficie indirectement à tous les assurés.

Les déductions fiscales pour les travailleurs non salariés (TNS)

Les Travailleurs Non Salariés (TNS), comme les artisans, commerçants ou professions libérales, peuvent bénéficier d'un avantage fiscal spécifique dans le cadre de la loi Madelin. Les cotisations versées pour leur propre complémentaire santé et celle de leurs ayants droit sont déductibles de leur revenu imposable, dans la limite de certains plafonds.

Cette déduction fiscale réduit leur effort de cotisation net. Par exemple, pour un TNS dans la tranche marginale d'imposition de 30 %, déduire 1 000 € de cotisations de son revenu imposable représente une économie d'impôt de 300 €. Pour en bénéficier, le contrat de mutuelle doit également être "responsable". Les modalités précises de déduction doivent être validées avec un expert-comptable ou en se référant aux informations de l'URSSAF.

3 erreurs courantes qui font exploser votre cotisation

Le prix d'une mutuelle est un enjeu majeur, mais certaines habitudes ou oublis peuvent faire grimper la facture inutilement. Souvent, par manque de temps ou d'information, les assurés conservent des contrats qui ne sont plus alignés avec leurs besoins réels ou leur situation personnelle. Identifier ces pièges courants est la première étape pour reprendre le contrôle de son budget santé et s'assurer de payer le juste prix pour la bonne couverture. En évitant ces trois erreurs classiques, vous pouvez réaliser des économies significatives sans pour autant dégrader la qualité de vos remboursements.

Piège 1 : garder un contrat inadapté après un événement de vie

Un mariage, un divorce, la naissance d'un enfant, le départ d'un enfant du foyer, un changement de régime social ou un déménagement sont autant d'événements qui modifient vos besoins et votre profil de risque. L'erreur classique est de ne pas signaler ces changements à son assureur et de conserver un contrat devenu obsolète.

Par exemple, continuer à payer pour une couverture familiale alors que vos enfants sont désormais indépendants et assurés de leur côté est un gaspillage. De même, un déménagement dans une région où les soins sont moins chers peut justifier une baisse de tarif. Il est crucial de réévaluer son contrat au moins tous les deux ans et systématiquement après un changement de situation. La plupart de ces événements ouvrent d'ailleurs droit à une résiliation hors de la date d'échéance annuelle. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter notre guide sur comment résilier sa mutuelle au bon moment.

Piège 2 : payer pour des garanties que vous n'utilisez jamais

Un contrat de mutuelle est un panier de garanties. Le piège est de se focaliser sur un ou deux postes très bien remboursés (souvent mis en avant par la publicité) tout en payant pour des dizaines d'autres que vous n'utiliserez jamais. Avoir un forfait de 800 € en optique est inutile si votre vue est parfaite. De même, une couverture maximale pour l'orthodontie n'a de sens que si vous ou vos enfants en avez besoin.

⚠️ Attention : Faites l'exercice honnête de lister vos dépenses de santé des deux dernières années. Cela vous donnera une image très claire des garanties qui vous sont essentielles et de celles qui sont superflues. Ajuster votre contrat en fonction de cet historique est le moyen le plus efficace de ne payer que pour ce dont vous avez besoin.

Piège 3 : rater la date anniversaire ou la loi Châtel

Pendant longtemps, la résiliation d'une mutuelle était contrainte par la date d'échéance annuelle, avec un préavis de deux mois. La loi Châtel a amélioré l'information de l'assuré, mais le vrai changement est la résiliation infra-annuelle (RIA) issue d'une loi de 2019. Depuis, tout contrat de plus d'un an peut être résilié à n'importe quel moment, sans frais ni pénalité.

L'erreur est de l'ignorer et de penser être encore "bloqué" pour un an. Si vous trouvez une offre plus compétitive ou si votre contrat ne vous satisfait plus, vous avez le droit de changer. Ne pas utiliser ce droit par méconnaissance ou par inertie peut vous coûter cher, en vous maintenant sur un contrat trop onéreux ou mal adapté. La concurrence entre assureurs est vive, en profiter est dans votre intérêt.

Comment choisir une mutuelle au bon prix sans sacrifier les remboursements ?

Le bon contrat de mutuelle n'est pas le moins cher dans l'absolu, mais celui qui offre le meilleur rapport entre le coût de la cotisation et le niveau de remboursement pour VOS besoins spécifiques. Choisir une mutuelle en se basant uniquement sur le prix affiché en bas du devis est la meilleure façon d'être déçu au premier pépin de santé. Une démarche méthodique en trois étapes permet de faire un choix éclairé et d'éviter les mauvaises surprises. L'objectif est de payer le juste prix pour une tranquillité d'esprit réelle, et non pour une couverture illusoire.

Étape 1 : cartographier ses besoins de santé annuels

Avant même de regarder les offres, prenez une feuille de papier ou ouvrez un tableur. Listez vos postes de dépenses de santé habituels et prévisibles.

  • Optique : Portez-vous des lunettes ? Des lentilles ? À quelle fréquence en changez-vous ? Avez-vous besoin de verres complexes (progressifs) ?
  • Dentaire : Avez-vous des couronnes ou des implants à prévoir ? Vos enfants ont-ils besoin d'orthodontie ?
  • Consultations : Consultez-vous régulièrement des spécialistes qui pratiquent des dépassements d'honoraires (gynécologue, cardiologue, dermatologue...) ?
  • Hospitalisation : Souhaitez-vous une chambre particulière en cas d'hospitalisation ?
  • Autres : Avez-vous recours aux médecines douces (ostéopathie, psychologie) ?

Cette carte de vos besoins est votre grille d'analyse. Elle vous permettra de vous concentrer sur les garanties qui comptent vraiment pour vous.

Étape 2 : lire le tableau de garanties, pas seulement le prix

Le prix ne dit rien de la qualité. La clé est dans le tableau de garanties. Apprenez à déchiffrer les pourcentages.

  • 100 % BRSS (Base de Remboursement de la Sécurité Sociale) : Cela signifie que la mutuelle complète le remboursement de la Sécurité sociale pour atteindre 100 % du tarif de convention, mais ne couvre AUCUN dépassement d'honoraires.
  • 200 % BRSS : La mutuelle rembourse jusqu'à deux fois le tarif de base. Cela permet de couvrir la plupart des dépassements d'honoraires modérés.
  • Frais réels : La mutuelle rembourse l'intégralité de votre dépense, après intervention de la Sécurité sociale. C'est la couverture maximale, mais elle est rare et chère.

📌 Important : Pour des postes comme l'optique, le dentaire ou l'audition, les remboursements sont souvent exprimés en forfaits annuels en euros. Comparez ces montants directement. Un forfait de 400 € en optique est plus parlant qu'un pourcentage.

Étape 3 : comparer avec des outils fiables

Une fois vos besoins identifiés et votre capacité à lire les garanties acquise, vous pouvez utiliser des comparateurs en ligne. Ces outils permettent de recevoir rapidement plusieurs devis personnalisés. Soyez vigilant et privilégiez des comparateurs reconnus, qui présentent les offres de manière transparente.

Ne vous arrêtez pas à la première offre. Demandez au moins trois devis détaillés. Prenez le temps de comparer ligne par ligne les tableaux de garanties. Regardez aussi les détails qui comptent :

  • Les délais de carence (période pendant laquelle vous cotisez sans être remboursé sur certains soins).
  • Les services inclus (tiers payant, assistance, réseau de soins).
  • La réputation et la réactivité du service client.

Le bon choix est un arbitrage intelligent entre le coût mensuel et la sécurité d'une couverture adaptée à votre vie.

Sources

Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.

Vos questions fréquentes

Quel est le tarif moyen d'une mutuelle par mois en France ?

Il n'existe pas de tarif moyen officiel. Le coût d'une mutuelle varie fortement selon l'âge, les garanties et la situation. À titre indicatif, un étudiant peut trouver une couverture basique autour de 20-35 €/mois, un actif paiera entre 40 et 70 €, tandis qu'un senior devra souvent budgéter plus de 90 € par mois.

Quel est le prix d'une mutuelle pour un senior de 65 ans ?

Pour un senior de 65 ans, les tarifs mensuels d'une mutuelle santé individuelle se situent généralement dans une fourchette de 90 € à plus de 150 €. Ce coût élevé s'explique par des besoins de santé statistiquement plus importants, notamment en hospitalisation, optique et soins dentaires, qui nécessitent des garanties renforcées.

Comment réduire le coût de sa mutuelle santé ?

Pour réduire le coût, commencez par évaluer vos besoins réels pour ne pas payer pour des garanties superflues. Ensuite, comparez les offres via des outils fiables. Enfin, vérifiez votre éligibilité à des aides comme la Complémentaire Santé Solidaire (CSS) sur le site ameli.fr. Pensez aussi à renégocier votre contrat après un an.

La mutuelle d'entreprise est-elle toujours moins chère qu'une mutuelle individuelle ?

Oui, dans la quasi-totalité des cas. L'employeur a l'obligation légale de financer au minimum 50 % de la cotisation du contrat collectif de base. Un salarié paie donc au maximum la moitié du tarif, ce qui est presque toujours plus avantageux qu'un contrat individuel équivalent souscrit seul.

Qu'est-ce que la Complémentaire Santé Solidaire et qui peut en bénéficier ?

La Complémentaire Santé Solidaire (CSS) est une aide de l'État pour les personnes aux revenus modestes. Selon les ressources, elle ne coûte rien ou moins d'un euro par jour. Elle couvre le ticket modérateur et le forfait journalier hospitalier. L'éligibilité se vérifie via un simulateur officiel sur le site ameli.fr.

À quel moment peut-on résilier sa mutuelle sans frais ?

Grâce à la résiliation infra-annuelle, vous pouvez résilier votre mutuelle sans frais ni justification à tout moment, une fois la première année de contrat écoulée. La résiliation prend effet un mois après la réception de votre demande par l'assureur. Certains changements de situation (déménagement, mariage) permettent aussi de résilier avant un an.